Louise Desrenards on Mon, 4 Aug 2008 03:00:35 +0200 (CEST)


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Ma réponseà Re: [nettime-fr] Transfert d'information urgente pour Marina Petrella


En l'occurrence la demande d'extradition n'est pas dans le cadre d'une accusation pour un acte de la main de Marina mais pour une complicité au titre de brigadiste. Sauf à raisonner selon l'adage : "si ce n'est toi c'est donc ton frère" ce qui ne me parait pas un argument institutionnel respectable : je ne vois pas d'issue (même pas de la haine en prime).

Je ne me placerai pas sur le terrain de la gauche ou de la droite ni de la démocratie ni de la république ni de la dictature ni des méta systèmes politiques et économiques ou financiers ni des néos divers et multiples, car pour ma part je suis pour l'amnistie inconditionnelle des accusés du cadre de la petite guerre civile dite "les années de plomb" et de plus conformément non seulement à mon penchant personnel pour souhaiter le rétablissement du devoir d'insoumission lequel en 1989 a été dérobé à nos droits de l'homme en annexe de la 5è constitution, pour convenir aux droits de l'homme adoptés par l'Europe qui ne l'intégraient pas (inspirés de la déclaration de Rome de 1955), mais de plus conformément à une éducation gaullienne que j'ai reçue à l'école publique et qui était loin d'en faire une incompatibilité démocratique ou républicaine.

Or qui dit amnistie dit évidemment amnistie pour le deux parties en cause, sinon on reste dans les conditions de l'opposition de la guerre.

Les enjeux révolutionnaires des années de plomb et l'opposition de deux grandes puissances dans le cadre géopolitique qui lui correspondait n'ont plus lieu ni cause. La situation est loin d'être meilleure mais les hypothèses y compris de résistance ne sont plus structurées de cette façon.

Cyrill le débat que tu proposes au sujet de Marina est un mauvais débat.

Il ne s'agit même pas d'humanisme mais de droit français des prisons d'une part, et de droit italien permettant de décadrer la loi de justice de la loi du talion, qui porte l'acharnement contre les révolutionnaires de ces années égal à la symbolique qui a fondé les raisons mêmes de la justice de la mafia, y compris provenant de la part de certains protagonistes de la gauche italienne de l'époque dont certains communistes orthodoxes qui se trouvaient opposés à la cause révolutionnaire, toujours actifs reconvertis en politique aujourd'hui et dans l'intelligentsia de la communication liée aux opportunités financières de la Presse, d'ailleurs.

Mon point de vue : c'est l'omission de clôturer la fin de ce conflit par une amnistie qui a fait perdre la cause générale et populaire du second gouvernement Prodi. L'amnistie aurait donné un souffle européen exemplaire et une force idéologique unifiée capable de mettre au travail des chantiers socio-économiques par exemple associatifs ou sociétaires en Italie. La fuite de l'amnistie n'a fait que rendre le gouvernement Prodi impuissant devant ceux auxquels il succédait et les faisant revenir en plus grande puissance ; le nouveau gouvernement Berlusconi avec les survivants de la loge P2 criminelle à l'œuvre de décrets mettant en place un projet social quasi néo-fasciste et en tout état de cause immobiliste : ce n'est guère exemplaire pour qui parlerait ici de république ou de démocratie "citoyennes", sachant qu'une démocratie -- gouvernement de la majorité -- qui ne respecterait pas le droit de penser des minorités ne pourrait être une démocratie citoyenne ; à plus forte raison une république puisqu'elle fonde l'individu lui-même comme minorité. Il faut préciser, sinon une démocratie ou une république cela ne voudrait plus rien dire, pouvant aussi bien faire les façades pour des conditions dictatoriales oligarchiques ou autocratiques diverses et organisant des servitudes multiples.

Voici la lettre ouverte au ministre publiée dans "Libération" du 1er aout par */les responsables de l'hôpital Sainte-Anne attribués d'y accueillir et d'y soigner Marina :/*
http://www.liberation.fr/rebonds/342445.FR.php

" Marina Petrella ou la déraison d’Etat
Frédéric Rouillon professeur de psychiatrie à l’université Paris-V René-Descartes (clinique des maladie mentales et de l’encéphale de l’hôpital Sainte-Anne) et Serge Blisko député de Paris, président du conseil d’administration de l’hôpital Sainte-Anne.
QUOTIDIEN : vendredi 1 août 2008

Madame Marina Petrella est hospitalisée depuis quelques jours à l’hôpital Sainte-Anne pour une aggravation extrêmement préoccupante de son état de santé. Nous saluons la sagesse de cette décision, prise conjointement par les ministères de la Santé et de la Justice et notre établissement, cette hospitalisation ayant permis d’éviter une issue fatale.

Pour autant, cette intervention, réalisée dans l’urgence, s’est faite au mépris de la loi. S’il n’était pas question de discuter du droit avant de réaliser les gestes médicaux d’urgence, il est légitime, une fois les premiers soins indispensables à la survie de madame Marina Petrella instaurés, de s’étonner de cette violation du code de la santé publique (CSP) et du code de procédure pénale (CPP).

Les textes sont, en effet, très clairs :

- selon l’article L.3214-1 du CSP, l’hospitalisation, avec ou sans consentement, d’une personne détenue atteinte de troubles mentaux est réalisée dans un établissement de santé, au sein d’une unité spécialement aménagée. Comme le service du docteur Bernard Lachaux, à l’hôpital Paul-Guiraud de Villejuif, où elle a été internée en juin, mais ce qui n’est pas le cas du service hospitalo-universitaire non sectorisé de Sainte-Anne, où elle a été admise de son plein gré, il y a une semaine.

- selon l’article L.3214-3 du CSP, cette hospitalisation doit se faire par un arrêté d’hospitalisation d’office (HO), selon l’article L.3213-1, c’est-à-dire un internement par décision du préfet de police de Paris ou d’un représentant de l’Etat. Ce qui n’est pas le cas puisque cette patiente a été admise à la clinique des maladies mentales et de l’encéphale (CMME) de Sainte-Anne en hospitalisation libre (HL), à notre demande explicite et à la condition qu’elle ne soit plus soumise aux impératifs de l’incarcération (attestation du professeur Frédéric Rouillon datée du 18 juin).

- selon l’article D.398 du CPP, il est prévu que, pour les détenus atteints de troubles mentaux, nécessairement placés en HO, il n’est pas fait application de la règle posée au second alinéa de l’article D.394, concernant leur garde par un personnel de police ou de gendarmerie pendant leur hospitalisation. Alors que quatre fonctionnaires de police nous sont pourtant imposés, ce qui entraîne une gêne pour le personnel et les autres patients, en dépit de la courtoisie et du comportement irréprochable des fonctionnaires affectés à ce service.

On ne peut qu’être surpris par la désinvolture des ministères concernés qui pérennisent, en connaissance de cause, la violation de ces textes essentiels tant au maintien de la sécurité publique qu’aux droits des malades, auxquels nous sommes tous très attachés. La seule question qui vient à l’esprit pour l’expliquer, dans un lieu de soins psychiatriques emblématique comme Sainte-Anne, est : l’Etat français a-t-il perdu la raison ?

En ayant fait confiance à notre pays, Marina Petrella, dont le comportement en France a toujours été exemplaire, se sent trahie. Emprisonnée une dizaine d’années pour sa participation à «une guerre civile de basse intensité», selon les termes des autorités politiques italiennes elles-mêmes, elle a reçu l’asile de la République française (/«en exil sur fondement humanitaire, à la condition de renoncer à la lutte armée»/ très précisément) par la voix de deux de ses présidents. Sans renier son combat pour un monde meilleur et alors qu’elle a clairement exprimé ses regrets pour sa participation aux drames des «années de plomb», elle estimait «avoir payé sa dette à la société», selon la formule consacrée. D’autant que, il n’est pas inutile de le rappeler, Marina Petrella ne fut pas condamnée comme exécutante matérielle mais pour «concours moral» aux activités de son groupe.

Elle est mère de deux filles (dont la dernière n’a que 10 ans) et travaille à soulager les difficultés des plus démunis dans son métier d’assistante sociale.

A l’heure où le gouvernement promeut les alternatives à l’incarcération, avec un projet de loi récemment présenté au Conseil des ministres, il semblerait incohérent de renvoyer en prison cette mère de famille pour des faits qui datent de trente ans. De surcroît, l’extrader reviendrait à la condamner à la peine de mort, pourtant abolie en Europe ; en effet, la conviction de tous les médecins et infirmier(e)s qui la soignent actuellement est qu’elle mourra si la décision d’extradition n’est pas annulée pour raison humanitaire (conformément à la loi).

Aucune intervention médicale ne peut empêcher quelqu’un de mourir si il ou elle y est déterminé ; d’autant que cette patiente étant en hospitalisation libre, aucun soin ne pourra lui être imposé à la CMME, ni légalement, ni même déontologiquement. Nous savons tous que la justice ne doit pas être inspirée par la vengeance, vengeance d’Etat en l’occurrence ! D’autant que celle-ci punirait autant, sinon plus, sa famille et notamment sa petite fille, que l’on priverait de sa mère.

Une solution digne, d’ailleurs prévue par la Convention de 1957, doit donc être trouvée pour que Marina Petrella puisse se reconstruire comme elle l’a toujours souhaité… Aujourd’hui, et probablement pour de long mois, compte tenu de la sévérité de son état, cette reconstruction ne saurait se faire en dehors d’une structure de soins spécialisés.




Le 3 août 2008 23:40, Cyrill Bloch<cyrill.bloch@yahoo.fr> a écrit :
>
> l'humanité n'est pas une idée de droite, donc l'humanité serait une idée de gauche? > Stupide. De Lenin à Hitler, la gauche a toujours été une négation de l'humanité. (pour rappel, nazi = national SOCIALISME).
>
> L'humanité est une idée humaine, et c'est bien une idée, du moins encore pour moi. J'ose encore y croire, et je dénie le post-humain. > mais de toute façon tu mélanges humanité = compassion et humanité = idée transcendante de notre espèce. Compassion pour un individu pour des raisons de santé, bien sûr, je suis contre toute forme de cruauté, mais je ne suis pas sûr que c'était la motivation principale du mail initial. > Bref, je hais ces messages idéologiquement biaisés. Et je méprise ces jugements portés via la loupe déformante d'une idéologie, quelle qu'elle soit.
>
> le 3/08/08 23:29:
>>
>> Dans le cas présent il s'agit plus, AMHA, d'humanité.
>> Il est sur que l'humanité n'est pas une idée de droite..Est-ce encore seulement une idée ?
>>
>> Bien à vous
>>
>> Loiez
>>
>>
>> Le 3 août 08 à 23:11, Cyrill Bloch a écrit :
>>
>>> tu fais chier avec tes brigadesrouges2merde.
>>> la démocratie n'est pas une idée de gauche.
>>> et la gauche n'est pas une idée démocrate.
>>>



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